UN PEU DE SPLEEN...
Il y a des jours, où j'ai besoin de "spleen", de "vague à l'âme", de "tristesse", de "mélancolie"... cela pourrait paraître idiot où masochiste pour d'autres, mais cela fait partie intégrante de ma personnalité, c'est un refuge pour moi.
Alors parfois, je me conditionne ! Je me force à souffrir !
Pourquoi ? Je n'en sais rien ! Un besoin de me sentir mal, de sentir le vide tout proche. Me mettre en danger, afin de bien me rendre à l'évidence que je suis vivant !
Souvent cela est provoqué par une déception, une humiliation ou encore un besoin impérieux de faire le point. Pour cela, j'écoute en boucle une chanson que j'interprête mélancoliquement. Par exemple aujourd'hui, je m'écoute une vielle chanson de Patrick Bruel : "On t'attendait" du Live de 1995.
Avec ce morceau qui passe en boucle, je m'enferme dans ma bulle ! Le casque sur les oreilles, je devient alors autiste. Je me torture doucement, jusqu'à obtenir un vertige, jusqu'à ce que chaque mot soit comme une claque. Je gratte sur mes douleurs de l'âme, je remue lentement le couteau dans mes blessures de coeur, je glisse du sel dans les plaies que laisse mon irrésistible besoin d'absolu... Alors je ressase, jusqu'à ce que mes poils se dressent et que mes larmes se mettent à couler.
Lorsque les larmes roulent sur mes joues, lorsque mes larmes glissent sur mon visage, alors je n'arrive plus à penser, le vide -tant attendu- est complètement présent.
Cet absolu que je recherche, que je ne cesse de demander (avec parfois l'impression de quémander), je l'obtient dans ce sentiment de vide et de tristesse. Je prend alors la mesure de la force des mots, d'une mélodie, d'un regard, d'un geste, d'une pensée...
Alors le vertige s'accentue encore un peu plus, et pour ne pas tomber dans le précipice, j'arrête cette douce torture, cache mon vague à l'âme, sèche mes larmes et me promet de ne plus recommencer, de positiver, simplement !